Tout est tellement simple que je ne peux l'expliquer.
Moi qui ne croyait plus en rien, je suis ressuscitée depuis le soir de Pâques.
La vie peut basculer en une simple soirée. J'ai pris l'autoroute en sens inverse.
Et je fonce, j'ai broyé le frein à main.
Je suis dans une bulle. Je suis comprise, aimée, comme je ne l'aurai jamais imaginé dans mes rêves les plus fous. Tous les mots que je pensais n'entendre que dans les films m'inondent, me font vivre, me rendent moi. Tout cela existe alors.
Le sourire, avant mis à l'Index, et désormais majeur, ne me quitte plus d'un pouce.
Je suis l'héroïne d'un livre surréaliste, où les pages s'enchaînent comme les accords d'une comptine de Tiersen, nous font peur, nous étonnent, mais nous enlacent à la fois. Wonderfully weird. J'ai. Les mots, les regards, les certitudes, les tout. Les points communs, les coups de tête, la vie.
Je n'peux pas vous dire. Je suis vivante. Je suis Clem. Ma vie prend l'allure d'un scénario qui s'écrit au fur et à mesure des heures. Qui ferait rêver sur grand écran, dans une salle obscure bercée par l'émotion, les émotions, toutes les émotions. Heureuse est un mot.
Mais il est tellement faible, tellement banal.
C'est pas compliqué : c'est si simple et si doux qu'il n'y a pas de mots assez fort.
Mais celui qui a illustré ma dernière semaine était "Wahou". Et il risque d'occuper mon vocabulaire encore un bon petit moment.
Je suis passée par la case Barcelone aussi. C'est chez moi, je le sais.
Gaudi et Dali m'attendent, me guident. Je suis Clem. Je suis sûre.
Je me suis pris en quelques jours un projecteur immense en plein visage, la lumière qui apparait, celle que j'attendais depuis si longtemps coincée dans mon tunnel de rejet.
Je n'ai plus que des certitudes, ou presque. Eblouie de certitudes, et de questions à la fois.
Mais plus celles qui torturent.
Simplissime. Effrayant. Absolument merveilleux.
Je vois. J'entends. Je parle aussi. Mais surtout, je vis comme jamais.
J'ai envie de dépasser le mur du son, alors ici, je me repause.
Ce n'est pas une fin non, c'est un commencement, un recommencement.
Une renaissance. Je serai là moins souvent, au moins quelques temps.
Le clavier restera largement en fin de cortège de mes priorités désormais.
Reste ici.
*Merci à toi, ma Sousou, qui a séché mes larmes, et m'a poussée à y croire. Tu m'as dit que ça arriverait. Tu avais raison. Sans toi, je serais encore au fond d'un puits.
Désormais j'ai soif de tout.